Thursday 29 June 2006
Nous ne sommes pas le 118 218
Par Yogan Muller, Thursday 29 June 2006 à 17:08 :: Difféomorphisme
A l'attention de moi-même : Un nouveau billet... Je me force !
Avec l'été je me reprend mes quartiers estivaux si je puis dire. La photo de surf me tend les bras. Ce n'est pas la meilleure saison, je le confesse, mais c'est celle où l'on fait ses armes pour l'arrière saison, qui elle, est bien plus belle. Le Quick Pro France 2005 était d'ailleurs épique. Les commentateurs n'hésitaient plus à comparer la Gravière à Backdoor. Mes circonvolutions faites, je n'ai pas arrêté la photo de glisse. Ce que je ne veux plus faire c'est vivre au rythme de ce milieu. J'ai eu besoin, en fin de saison dernière, de m'intéresser à d'autres sujets. C'est une sorte d'ouverture d'esprit que je jugeais absolument primordiale compte tenu de ce que je veux faire de ma vie de photographe. J'en avais assez d'être cloisonné dans l'orientation que je voulais donner à mes images. Rendons-nous bien compte, sur la plage la lumière est ce qu'elle est, les vagues ce qu'elles sont, les surfers ce qu'ils sont. On est là, fixe la plupart du temps, sur le sable (y a franchement pire c'est vrai) à capter l'action qui se passe à quelques dizaines de mètres. Ce que je ne trouvais pas dans la photo de surf, je l'ai trouvé ailleurs et rien que pour cela, ça en vallait la peine. Il me fallait plus qu'un énième tube, un énième roller ou encore un énième aerial. Je pense aussi avec le recul que le numérique a brouillé les pistes (pas uniquement dans la photo de surf). Je le dis avec toute la modestie qui me caractérise. Aujourd'hui on ne reconnait plus le professionnel et l'opérateur professionnel. Le premier sait de quoi il parle, le second se dit professionnel parce qu'il vit de ses images. Il y a là une différence fondamentale. Mais qu'importe, de nos jours il suffit d'un compact numérique pour faire des photos raisonnablement bonnes alors comment voulez-vous distinguer une photo réussie techniquement d'une photo réussie hasardement ? On ne peut plus. De ces images de surf, beaucoup ont vu un Eldorado reflet -il est vrai- d'un mode de vie qui fait rêver. Cela étant, on ne peut réussir dès lors que l'on ne voit pas clair dans les images de chacuns. C'est ainsi que tout à l'heure, en appellant le service presse d'une célèbre étape du QS en France, j'assista à une conversation... disons inoubliable et tristement révélatrice de ceux qui vivent directement ou indirectement du surf. Extrait :
"- Bonjour, je suis Yogan Muller, j'ai appellé votre service à plusieurs reprises pour avoir les contacts de *** par mail. Cela fait 3 jours que je téléphone et que l'on me dit que je ne vais pas tarder à les recevoir.
- Vous êtes qui ?
- Yogan Muller.
- Je ne connais pas. Nous ne sommes pas le 118 218. *** sont très sollicités et nous avons une charte avec eux pour ne pas divulguer leur contact à n'importe qui.
- Attendez, je ne veux pas avoir leur numéro pour avoir leur numéro, je veux simplement leur proposer mes services.
- Je comprend bien mais nous ne sommes pas le 118 218."
Au passage, il s'agissait de la même personne à qui j'avais proposé mes services l'année dernière et qui m'avait répondu "et c'est gratuit ?" ou qui avait dit aussi directement à mon ami L.Capmas "de toute façon tes images ne paraitront jamais nulle part"
Quel grand service de presse... On dirait qu'il accorde ses services en fonction du nom.
Peut-être la suite un peu plus tard.
Yogan.
