AG de fin de crise dans l'amphi Kastler le 12 avril 2006.

Une AG de début crise, peu avant la manifestation inter-professionnelle et étudiante du 28 mars 2006.

Voici quelques petites nouvelles, un matin du 24 mai 2006, il est 09h10. Je ne vais pas pouvoir vous raconter autre chose que ce que je fais à la fac car depuis un mois et demi, je ne fais plus que ça. J'ai justement besoin de m'exprimer sur cette bien drole fin de semestre, qui s'est transformé en "mestre" (mois) à cause du blocage. Pour resituer, Bordeaux 1 a été la dernière fac mobilisée sur le campus bordelais. Après que Bordeaux 2 et surtout Bordeaux 3 ait fermement voté le blocage dès la fin du mois février, nous étions toujours en cours, le mouvement ne semblait pas prendre à Bordeaux 1. Quelques groupuscules organisaient déjà des débats, des rencontres mais pas encore d'AG et n'appellaient pas à la grève et au blocage. Plusieurs fois, des personnes du comité de mobilisation alors naissant, venaient en cours en amphi et même en TD pour tous nous faire comprendre que le CPE "c'est grave" pour reprendre leurs termes. La plupart du temps, les profs interrompus en pleine séance ne se livraient à aucun commentaire ou appréciation sur ce qu'ils avaient entendu. A part une fois, où en cours d'Analyse, notre prof nous lacha un "ah oui en effet c'est important de se mobiliser" avant de repartir dans les explications du critère de Cauchy de convergence uniforme des séries de fonctions (vous me suivez ? ;D). Bref, l'ambiance était studieuse, c'est-à-dire tout sauf proche de la débauche. Une première AG s'organisa dans la foulée, puis une deuxième. Cette deuxième était incontestablement l'AG mobilisatrice de Bordeaux 1. Dans l'amphi en l'honneur d'Alfred Kastler, archi comble, le tout premier vote à mains levées donna une courte avance aux pro-blocage d'une vingtaine de voix. Une avance suffisante selon le comité de mobilisation pour décreter le batiment de Licence comme bloqué jusqu'à la première AG. Un vote que les anti-blocage n'acceptèrent pas naturellement. Il était clair qu'une avance de 20 voix (environ) ne suffisait pas à donner une légitimité à cette première décision sachant qu'il n'y a avait plus une seule place dans l'amphi et par conséquent, que le comptage était hasardeux. Une "fausse" (avec le recul) alerte incendie vint clore l'AG sur un ton de rancoeur pour certains, sur une demi-victoire pour tous les autres. Le batiment de Licence est bloqué. Blocage levé à l'AG suivante avec le premier vote à bulletins de secrets organisé, France 2 était là pour en rendre compte. Je passerai sur les détails des votes qui suivirent pour en arriver directement à un constat - sans aucun apitoiement de ma part ni aucune complaisance. De fil en aiguille, nous avons été bloqué 3 semaines. Beaucoup -dont un de mes profs- disent que c'était des vacances ce blocage. En réalité, c'est faux car vous ne savez jamais à quoi vous attendre. Que va décider la prochaine AG ? Que va faire Dominique de Villepin dans l'immédiat ? Qu'advient-il de tous nos DS prévus pendant le blocage ? Bref, votre esprit est loin d'être libre et clair comme c'est le cas pendant les vacances. En plus de cela, il vous faut travailler pour ne pas oublier les réflexes acquis et consolider les connaissances. Tout sauf des vacances donc. Nous reprîmes les cours pour une petite semaine après une interruption en plein milieu du semestre, là où d'ordinaire tous les DS tombent. Inévitablement, les cours seraient rattrapés, tout ler monde était soulagé. En plus de cela, le président de Bordeaux 1 était on peut le dire avec nous. Il avait entendu les décisions des AG et avait décidé d'allonger de deux semaines le semestre de printemps 2006. Reports de tous les DS après cette petite semaine de reprise suivie de 10 jours de vacances, à la rentrée. Rentrée difficile à gèrer... Tout est tombé presque d'un coup. En un mois nous avons dans certaines matières traité la moitié du programme du semestre. Mon emploi du temps avait pour l'occasion, été rendu extensible au possible. Bref, un gros morceau cette reprise. Avec en plus un gros sentiment de doute, comme je n'en avais pas eu depuis longtemps... Mes efforts pour suivre ce rythme semblaient vains car j'avais l'impression de ne pas dominer ce que je faisais. D'habitude, on nous laisse le temps nécessaire pour laisser s'imprégner les notions, rythme auquel je m'étais profondément habitué. Finalement, je m'en suis bien sorti et content d'avoir résolu ces problèmes. Mais les événements suivants, me rappelèrent bien vite à l'ordre... La semaine de révision annoncée et tant attendue de tous était partie je ne sais où. Elle était pourtant décrétée, à moins que ce ne soit quand dans des mots, pourtant moi comme tous mes autres camarades en étaient persuadés. Le sentiment de payer très cher ce blocage revenait alors lancinant... Dans les faits, c'est bien ce qui se passa : nous arrêtâmes les TD complètement quatre jours avant le début des examens. Le dernier TD d'Analyse (ma plus grosse matière), le jeudi donc. Ce n'est de la faute de personne, mais nous abordâmes le dernier chapitre (traité en cours le lundi de cette même dernière semaine) au programme de l'examen en 2h. Et ce lundi (avant-hier) sans surprise ou presque, un exercice entier sur ce dernier chapitre traité 7 jours auparavant... Je ne parle même pas d'hier avec l'épreuve d'informatique tendue de pièges dès la première question (qui ne vous laissait pas la possibilité de continuer pour de vrai le sujet...). Tout ça pour dire, que nous attendions une certaine clémence de la part de nos professeurs, au moins dans la confection des sujets. Quand j'en parle à mon entourage, certains proches me répondent que d'une certaine manière on nous "saque" pour bien nous faire comprendre que c'est inutile de vouloir organiser à l'avenir un mouvement étudiant aussi dur qu'il l'a été. Personnellement, je n'irai pas jusque là. J'attends mes deux dernières matières la semaine prochaine, pour me faire un avis sur cette session d'examens. En attendant, je m'en tiens à un simple constat, comme je l'introduisais plus haut, sans aucun apitoiement, sans aucune dénonciation, sans aucun sentiment de complaisance dans quoi que ce soit.
Quand à mes images de ce mouvement anti-CPE, elles seront mises en ligne la semaine prochaine.

Bon week-end prolongé à toutes et à tous et à très vite.

Yogan.