
Les gagnants




En cette froide et pluvieuse fin de semaine de novembre, j'ai été invité par le maire de Bordeaux lui-même à la cérémonie de remise des prix du 2ème marathon Fnac de la photo numérique de Bordeaux. A 19h, les 404 participants avaient rendez-vous dans les salons de l'Hotel de Ville s'il vous plait, pour assister à la remise des prix et boire un petit verre. A mon arrivée, une bonne centaine de participants s'agglutinait déjà autour de l'écran qui projetait les meilleures photos de ce marathon. Très franchement et en toute objectivité, il y avait de tout. Des clichés les plus recherchés aux clichés les plus bruts, en passant par des hors-sujets. Enfin... La décision du jury est souveraine comme je le disais, il y avait quelque temps sur mon blog. Décidemment, elle a toujours autant de mal à me convaincre. Je ne devrais même pas la remettre en question, pourtant c'est ce que je suis entrain de faire. Pour revenir à cette remise des prix, ça parlait très "jet-set" de photo. On pouvait entendre assez distinctement d'ailleurs, les regrets de certains de ne pas avoir eu de réflex numérique au moment du marathon (début octobre 2005), handicap certain d'après eux. Ca parlait aussi technique avec de bien grands airs. De belles discutions s'il en est, que n'avait pas tellement lieu d'être pour ce genre d'événements. Ce que je veux dire, c'est qu'il ne s'agissait pas d'une réception mondaine pour parler de photo... Après quoi, nous avons eu droit à un beau discours d'une dame, pour nous féliciter d'avoir participé. Bon je suis un peu aigris ce soir comme vous avez pu le remarquer, néanmoins ne croyez pas que je vois tout d'un mauvais oeil, mais je me demande bien si c'était une façon détournée d'obtenir des clichés gratuits de la ville. Non ? Vous n'y croyez pas une seule seconde ? Personnellement, n'ayant eu aucun règlement clair à ma disposition stipulant qu'aucune utilisation des images ne serait faite, je me permet d'en douter. C'est la bagatelle d'exactement 2020 photos dont je suis entrain de parler. Une fois triée, le "résidu à sec" peut-être exploitable. Bref, tout ça pour vous dire qu'à peine ai-je eu le temps de faire quelques photos d'ambiance que déjà cette dame au micro, appella les vainqueurs. Chacun devait prononcer un petit discours, seule l'équipe arrivée seconde dérogea à la règle prétextant ne pas en avoir envie. Après ce petit oral, la troisième venit me voir pour me demander quelle utilisation je ferais des photos. Tout en cachant mon étonnement, je répondis qu'elles ne feraient l'objet d'aucune publication à titre professionnel. Non mais franchement, les gars sont invités à la remise des prix d'un marathon de ce type (...) et ils viennent vous parler droit à l'image ! C'est pas comme s'il s'agissait de décerner les prix de Visa Pour L'image ! "Non c'est pour moi, félicitations, rétorquai-je". Le buffet ouvra, fort à temps, j'avais besoin de noyer ces ranqueurs au fond d'un bon verre de Champagne. Ce que je ne vous ai pas dit, c'est qu'en réalité j'attendais cette remise des prix avec impatience dans l'espoir de revoir les filles avec qui nous avions parlé succintement, début octobre. Tout y était, j'étais fin prêt et plutôt impatient. Seulement voilà, aucune d'entre elles n'étaient là... J'ai cru un moment croiser celle dont je parle à la fin de mon premier billet sur ce marathon. Ca m'a tellement troublé que je n'ai pas osé aller lui demander pour en avoir le coeur net. De toute façon, j'étais presque certain que ce n'était pas celle de mon souvenir. Pourtant, elle lui ressemblait étrangement ! De quoi vraiment m'y tromper. Je me suis alors mis à regretter de n'être pas allé lui parler à la fin du marathon, début octobre. Pire, je l'avais recroisée sur la ligne du tram à la sortie de mes cours, un lundi après midi (le 14 novembre 2005 exactement) vers 17h10. La plupart du temps, je suis complètement ailleurs quand je suis sur mon vélo, loin dans mes rêves. J'attendais le feu vert quand j'aperçu à une cinquantaine de mètre, venant face à moi, une silhouette familière. Je ne m'arrêta pas longtemps dessus, croyant voir une ancienne camarade du collège. En traversant, je la regarda de nouveau, droit dans les yeux, une brune aux yeux foncés sur son vélo longeant la ligne du tram jouxtant l'arrêt "Musée d'Aquitaine". Je la regarda d'abord comme je regarde n'importe quelle inconnue. Les 2 secondes que dura cet échange était en fait d'une rare force (c'est en tout cas ainsi que je le ressentis), ce fut la sonnette d'alarme qui me fit dire "merde ! Yogan, c'était elle !". J'étais déjà loin. Le temps d'en être persuadé, je me retournis, elle avait disparu. C'était sur, c'était elle.
Yogan.

P.S special pour PY : pas de regrets, le premier lot ce n'était pas le beau HP !